L’espace du bassin-versant du Thouet devient " territoire " le jour où les hommes se l’approprient. L’implantation humaine est très ancienne et remonte jusqu’à la préhistoire, comme en témoigne la présence de nombreux menhirs et dolmens dans la vallée du Thouet et de la Dive – voir photo n° 11-. Cette appropriation de l’espace considéré par les hommes est le signe d’un attrait pour la rivière et déjà le besoin de ressource en eau. A cette période, la vallée est un lieu d’implantation humaine relativement forte et une voie semble relier la Dive, le Thouet et la Loire sur sa rive gauche. Aujourd’hui, on observe également par détection aérienne des traces de voies gallo-romanes qui franchissent la vallée et relient les principaux villages. Le bassin-versant du Thouet est un " espace conquis ", s’y développe une activité agricole importante. Dès le Moyen Age, le défrichement s’intensifie et apparaissent des spécialisations agricoles au sein du bassin-versant. A partir du X éme siècle, les moines qui portent un intérêt majeur au bassin-versant, entreprennent les premières constructions de moulins. Ils sont utilisés pour moudre le grain mais aussi pour le drap, le chanvre, le cuir, les peaux et la tourbe. L’occupation humaine s’accroît sur le bassin-versant, des cités s’affirment en tant que telles et l’agriculture s’intensifie. Dans le même temps, la rivière devenue navigable, connaît des aménagements, notamment des constructions de chaussés, gués et ponts. Le processus d’ "humanisation " est long, le constat actuel en est l’héritage.
Il s’agit dans cette partie de mettre en évidence les activités humaines observées sur le bassin-versant et d’établir le lien, si fort et pourtant si souvent incompris, avec le milieu.
Les activités seront classées dans cette partie par l’importance qu’on leur donne sur le bassin-versant.
Ces deux activités ne sont pas les principales sur le bassin-versant du Thouet. Cependant, elles ont comme point commun d’être des activités de loisirs et d’être directement liées à la vallée. Cela justifie la place que nous leur avons attribué au sein de l’étude.
La pêche se pratique sur le Thouet et ses affluents. Un peu moins vrai pour le tourisme qui s’étend sur l’ensemble du bassin-versant, la vallée du Thouet constitue l’axe majeur de son développement. Le tourisme est à mettre en parallèle avec le tissu de voies de communication, favorisant plus ou moins l’accès à la vallée – voir figure n° 12 -.
Il s’agit dans cette partie d’évaluer le développement de ces activités et leurs conséquences sur le milieu.
Nous traiterons le tourisme, non pas en recensant les différents pôles touristiques du bassin-versant, mais en mettant en avant le lien entre son développement et l’espace qu’il occupe.
Elle est dépendante du patrimoine " naturel " et historique. On entend par le terme naturel les éléments du milieu primitif les moins dénaturés par l’Homme.
La volonté politique en matière de tourisme est de structurer les flux sur l’artère que représente la vallée du Thouet et de diffuser ces flux sur l’ensemble du bassin-versant. La centralisation du flux touristique sur l’axe du Thouet permet non seulement de promouvoir la vallée mais aussi un meilleur contrôle et une meilleure anticipation du développement des activités touristiques.
Pour promouvoir la vallée du Thouet, les pays concernés sont à l’origine d’un dépliant touristique réunissant et mettant en valeur les principales communes de la vallée et de celles des affluents.
Ce choix traduit une réalité et semble, vous le verrez par la suite, adapté à la situation. En effet, aujourd’hui les disparités en terme de tourisme sont très importantes sur le bassin-versant. La partie Nord du Maine & Loire présente plus d’attraits que les autres zones du bassin-versant, essentiellement la ville de Saumur. On peut expliquer cela par différents facteurs ; la ville se situe sur l’axe ligérien, le Pôle Touristique Internationale a promu la ville, aux alentours la viticulture constitue un atout fort.
C’est pour pallier à ce développement touristique dichotomique qu’a été effectué le choix de structurer les flux touristiques sur la vallée du Thouet en direction Nord / Sud.
Nous l’avons déjà évoqué, les attraits touristiques sont déterminés par le patrimoine naturel et historique, mais aussi par l’équipement.
Le patrimoine naturel est essentiellement formé par la vallée du Thouet et les paysages qu’elle prend au fil de son cours. La diversité de ces paysages marque une richesse du milieu. Prenons l’exemple des Nobis à Montreuil-Bellay où les îlots formés sur la vallée du Thouet et sa flore créent un paysage remarquable. Le site est très convoité par les touristes en période estivale. La photographie n° 12 exprime l’attrait paysager de la vallée, à Thouars. Sont créés aussi des sentiers de randonnées alliant loisir de la marche et plaisir de la découverte de certains paysages. Le GR 36 parcoure du Nord au Sud le bassin-versant.
L’histoire se lit dans le paysage à travers l’urbanisation mais aussi la présence de menhirs et dolmens. Le caractère de certaines villes ou certains villages en font des pôles d’attraction touristique. C’est le cas des villes de Thouars et Parthenay mais aussi de certains villages pittoresques, notamment le Coudray-Macouard en Maine & Loire. Par ailleurs, la signalétique nous indique la Route des Rois d’Angleterre et la propose comme circuit touristique.
Enfin, le tourisme nécessite la mise en place d’équipements. Ils doivent répondre aux besoins des touristes et l’attirer. Dans un premier temps, il s’agit d’hébergement.
Au niveau de la vallée, principal axe touristique, la capacité d’accueil n’est pas très importante mais l’hébergement est diversifié. Le camping est développé sur l’ensemble de la vallée. L’hôtellerie se concentre dans les principales villes du bassin-versant et constitue un hébergement plus coûteux. Des chambres d’hôtes et camping à la ferme se développent dans le cadre d’un tourisme plus rural, tourisme vert.
Comme le souligne le SMVT 79 dans son étude " Le Plan Thouet ", réalisée en 1996, de nombreux gîtes se trouvent sur la vallée. Il est à noter aussi, la présence d’un " village-vacances " sur la commune de Saint Martin de Sanzay. Il se situe au lieu-dit la Ballastière, à proximité d’un plan d’eau. Localisé à la limite Nord Deux-Sèvres, il constitue une charnière avec le Maine & Loire.
Photographie n°11 Dolmen du Marais de Distré – Simon Georget, 05/06/00
Photographie n°12 Patrimoine " naturel touristique" de la vallée du Thouet à Thouars – Simon Georget, 12/05/00
Localement, sur la rivière, on trouve des pôles sportifs d’attraction. La base nautique de Saint Hilaire-Saint Florent et l’école de voile du barrage du Cébron constituent les principaux pôles sur la rivière. D’autres sites, davantage attachés à une clientèle touristique, proposent la pratique de canoë-kayak et pédalos sur la rivière. Ces pôles ne forment pas un véritable attrait touristique mais représentent des atouts à son développement. Des aménagements permettant le passage des canoë-kayaks au niveau des écluses ont été réalisés sur l’ensemble du cours d’eau en Maine & Loire.
L’activité touristique sur le bassin-versant est peu développée à l’exception de la partie Nord. On cherche actuellement à diriger le flux touristique en provenance de Saumur et ses alentours vers la vallée du Thouet, afin qu’il se diffuse sur l’ensemble du bassin-versant.
Des efforts sont réalisés dans ce sens. Animations et festivals se succèdent durant la période estivale dans les différentes villes de la vallée. De plus, on multiplie les équipements et loisirs pour créer une dynamique sur la vallée du Thouet. La figure n° 24 reprend quelques aspects touristiques de la vallée du Thouet.
Le bassin-versant est bel et bien l’échelle à prendre en considération pour un espace qui souhaite développer ses activités touristiques par rapport à l’axe d’un cours d’eau. Le Thouet devient la matière première du développement touristique à venir.
Globalement, l’activité touristique est neutre pour la rivière. Directement, elle ne dégrade pas la ressource en eau mais ne constitue pas d’apport non plus.
Elle représente la principale activité de loisirs sur la rivière. Nous le verrons par la suite, elle ne représente pas seulement une occupation humaine mais constitue aussi un véritable outil de gestion.
Soumise aux règles imposées par la Police de la Pêche, cette activité demeure ludique.
Elle se développe sous toutes ses formes et c’est pour cela qu’elle peut aller de paire avec le tourisme. Non seulement on propose des cartes vacances permettant une pratique adaptée à la personne, mais aussi des gîtes de pêche. On trouve 4 gîtes de pêche dans les Deux-Sèvres et actuellement un autre se développe dans le Maine & Loire au lieu-dit le " Chalet ", en aval de Montreuil-Bellay, selon les dires d’un garde-pêche du CSP en Maine & Loire.
Certains campings ont le Label Pêche, adaptés à recevoir une clientèle touristique de pêcheurs. Dans le Maine & Loire, seul celui des Nobis à Montreuil-Bellay répond à ce label.
Ce type de gîtes et campings contribue au développement d’un tourisme rural et spécialisé.
L’étude réalisée par le CAUE du Maine & Loire en 1992 montre que les pêcheurs sont au nombre de 10 568 entre Saumur et Thouars avec dans le détail, 4 990 pour l’association de pêche saumuroise, 2 918 à Montreuil-Bellay, 266 à St Martin de Sanzay et 2 395 à Thouars. Ils sont moins nombreux en amont de Thouars.
L’activité de pêche est plus répandue en Maine & Loire qu’en Deux-Sèvres. Comme le souligne Marielle Redon du SMVT 79, la pêche se pratique en Deux-Sèvres, essentiellement sur 3 étangs : Secondigny, Le Tallud, Parthenay. Cela s’explique par la qualité piscicole moins bonne dans la partie amont de la rivière.
Pour la partie Maine & Loire du bassin-versant, les chiffres montrent une quasi égalité entre 1992 et 1999. En 1999, on recense 4 949 pêcheurs dans le saumurois et 2 595 à Montreuil-Bellay. Depuis l’année 1998, on observe une hausse du nombre de pêcheurs. Sur le bassin-versant du Maine & Loire, ils passent de 6 340 en 1998 à 7 644 en 1999. Cette hausse s’explique par la mise en place d’une carte journalière - permettant la pratique de la pêche au jour le jour -, mieux adaptée aux touristes et à la catégorie des pêcheurs occasionnels. La Fédération de Pêche s’adapte aux besoins des pêcheurs.
L’intérêt de la pêche sur la rivière s’explique par une richesse relative des espèces piscicoles. Ceci est d’autant plus vrai dans la partie aval du Thouet où certaines espèces remontent la rivière en provenance de la Loire.
Nous l’avons vu précédemment, la qualité de l’eau du Thouet et ses affluents est dans l’ensemble mauvaise, mais s’y développent des espèces piscicoles résistant aux pollutions telle la chevesne loche franche.
A l’exception de la partie amont du canal de la Dive, les rivières du bassin-versant du Thouet sont classées en deuxième catégorie piscicole. En amont de Moncontour, la Dive est classée en première catégorie piscicole.
La répartition du peuplement piscicole est en partie déterminée par la qualité des eaux. Ainsi, on peut retrouver des truites dans les eaux les moins polluées. La Dive est une rivière très convoitée pour la pêche. On y trouve en quantité des vairons, chabots et truites de rivières en amont de Marnes.
Les eaux du Thouet sont marquées par un peuplement en poissons-chats très important, voire trop important en aval de Saint Martin de Sanzay. Une prospection du Conseil Supérieur de la Pêche sur le cours d’eau à Artannes sur Thouet le 20/10/99 souligne l’importance de cette espèce : 77 % des espèces recensées. Ce chiffre est considérable. La surconcentration de poissons-chats sur certains tronçons de la rivière, constitue un frein pour l’activité de pêche.
Le peuplement piscicole en un point donné dépend aussi de la possibilité de circulation des poissons. Les ouvrages hydrauliques tels que les chaussées et barrages empêchent les migrateurs de remonter les cours d’eau. On l’observe très bien à travers les captures d’anguilles sur les différentes stations de mesures de population piscicole. D’aval en amont, on trouve de moins en moins d’anguilles jusqu’à l’effectif nul à la station de Secondigny.
| Principales espèces piscicoles observées sur les rivières du bassin-versant du Thouet | |
| NOM COMMUN | NOM LATIN |
| Ablette | Alburnus alburnus |
| Anguille | Anguilla anguilla |
| Black Bass à grande bouche | Micropterus salmoide |
| Bouvière | Rhodeus amarus |
| Brème bordelière | Blicca bjoerkna |
| Brème | Abramis brama |
| Brochet | Esox lucius |
| Carpe commune | Cyprinus carpio |
| Chevaine | Leuciscus cephalus |
| Epinochette | Pungitius pungitius |
| Gardon | Rutilus rutilus |
| Goujon | Gobio gobio |
| Loche franche | Nemacheilus barbatulus |
| Lamproie de planer | Lampetra planeri |
| Poisson Chat | Ictalurus melas |
| Perche | Perca fluviatilis |
| Perche soleil | Lepomis gibbosus |
| Rotengle | Scardinius erythrophtalmus |
| Sandre | Stizostedion lucioperca |
| Truite de rivière | Salmo trutta fario |
| Vairon | Phonixus phonixus |
| Vandoise | Leuciscus leuciscus |
Figure n° 25 Principales espèces piscicoles observées sur les rivières du bassin-versant du Thouet
Pour résumer, la diversité piscicole est assurée par la qualité de l’eau, la circulation des poissons, l’alternance des eaux vives et eaux lentiques. La diversité des profondeurs et la présence de zones humides sont aussi facteurs de prolifération et maintien de la diversité de la faune piscicole et plus généralement aquatique.
Soucieux de la qualité du poisson et souvent du milieu sur lequel il exerce son loisir, le pêcheur joue un rôle essentiel pour le maintien de l’équilibre de la rivière.
En respectant les règles fixées par la Police de la Pêche, le pêcheur s’engage à maintenir la diversité des espèces piscicoles. Aussi, il contribue en pêchant à l’élimination d’espèces qui prolifèrent rapidement. Les associations de pêche pratiquent aussi l’alevinage afin de repeupler les rivières. Monsieur Roger Dudé, président de l’association du " Roseau Saumurois " déclare avoir réalisé dernièrement un alevinage sur le Thouet pour une valeur de 30 à 35 000 Frs. Aussi, les associations assurent la reproduction de certaines espèces comme le brochet, par l’installation de frayères et en rétablissant les zones humides à l’état de prairies.
Souvent les pêcheurs s’investissent davantage au niveau de la rivière et réalisent en tant qu’adhérents d’associations, des travaux de nettoyage et d’entretien des berges.
Bien souvent, ce sont les pêcheurs qui avertissent la Police de l’Eau lorsqu’ils constatent une infraction. Les infractions sont multiples : pompages illégaux, décharges sauvages, pollution " liquide ", … Le 9 mars 1992, Mr Bessonneau, président de la Fédération de pêche de Maine & Loire déclarait dans Ouest France : " Les administrations n’ont pas les moyens suffisants pour remplir leurs tâches en ce domaine. […] Notre rôle est d’assurer le relais auprès des pouvoirs publics des divers manquements au respect de la loi ".
Les pêcheurs font valoir leurs devoirs et leurs droits et n’hésitent plus ainsi à attaquer les contrevenants en justice lors d’un dommage. La même association du " Roseau Saumurois " a mené depuis sa création de nombreux procès, dont un pour pollution par rejets d’effluents.
Les pêcheurs constituent donc un groupement reconnu par les instances publiques pour le maintien de l’équilibre de l’écosystème aquatique et pour le respect de la législation sur l’eau.
Le tourisme et la pêche, tout deux symboles des activités de loisirs, ont comme axe structurant la rivière. Cela traduit un choix politique en ce qui concerne le tourisme et un enthousiasme marqué pour l’activité de pêche qui se maintient convenablement.
Reconnu par les différentes institutions gestionnaires de l’eau, le rôle du pêcheur tient une place primordiale dans l’équilibre de l’écosystème aquatique. D’autant plus que les rivières du bassin-versant sont des milieux sensibles, essentiellement en terme de qualité des eaux. On en verra les causes tout au long de ce deuxième.
Sur l’espace rural que constitue le bassin-versant du Thouet, l’agriculture représente une activité d’importance capitale. Elle organise le paysage, s’adaptant tant bien que mal aux conditions imposées par le milieu.
Après avoir caractérisé les grands types de milieux sur le bassin-versant, nous étudierons donc les problèmes posés par l’évolution de l’agriculture.
Globalement sur le bassin-versant, on peut effectuer un découpage du paysage en 6 grandes unités – voir figure n°26.
A partir de Gourgé, on observe une rupture Est / Ouest très nette dans le paysage et l’activité agricole.
On trouve aussi dans cette zone des champignonnières.
Le dernier recensement général de l’agriculture date de 1988. Par conséquent, les données " officielles " perdent de leur intérêt en ce qui concerne la situation actuelle. Cependant, nous sommes parvenus par l’intermédiaire des Chambres d’Agricultures départementales, à obtenir des données plus récentes pour le département des Deux-Sèvres et la partie Maine & Loire. La Chambre d’Agriculture de la Vienne, quant à elle, n’a pas réalisé de mise à jour depuis cette date.
Dans le Saumurois, la SAU passe de 120 000 ha en 1986 à 107 000 ha en 1997. L’agriculture de cette zone est spécialisée dans la vigne – voir photographie n° 13-. En 1997, le vignoble représente 17 270 ha. Il est en légère augmentation depuis 1992 et constitue 15,5 % de la SAU. C’est aussi une zone de légumes et maraîchages représentant 788 ha en 1997. Depuis 1992, cette activité a connu une augmentation de 3.2 %. La culture de pommes est en baisse dans la région. Enfin, 723 ha de terres constituent la surface horticole des pépinières douessines. Elle a augmenté de 16,6 % de 1992 à 1997. Le Saumurois est aussi une région d’élevage et de cultures traditionnelles.
Photographie n°13 Spécialisation de la vigne dans le saumurois – Simon Georget 05/06/00
Sur l’ensemble du département des Deux-Sèvres, la SAU stagne entre 1994 et 1998. Ce département est dans sa partie Ouest une région d’élevage et à l’Est une région de cultures céréalières. Il produit, lui aussi, de la vigne et des cultures fruitières. En 1998, son vignoble représente 1750 ha, il est 10 fois moins important que dans le Saumurois. Les cultures fruitières sont relativement importantes. On les retrouve au Sud du bassin-versant. Sont cultivés aussi, des melons dans la partie Est.
La partie Vienne du bassin-versant est sans aucun doute la moins diversifiée dans son type de culture. Elle est essentiellement productrice de céréales et d’oléagineux. Là aussi, la culture des melons est importante. L’élevage est très peu présent dans cette zone.
Les cultures irrigables
D’une manière générale, l’agriculture est consommatrice d’eau. Cependant, certaines cultures sont plus demandeuses que d’autres en terme de besoins en eau.
Le tableau ci-dessous présente les besoins de certaines cultures aux mois de l’année ou la consommation est la plus poussée :
Figure n° 27 Besoin des cultures en eau de consommation
Les cultures sont les plus consommatrices en eau en période sèche. Sur le bassin-versant, l’été marque souvent un " déficit " de précipitations et l’étiage des cours d’eau alors que les besoins sont les plus importants.
Les agriculteurs se servent de la rivière pour pallier au déficit pluviométrique naturel et assurer les besoins en eau pour leurs cultures.
Alors qu’on a observé une augmentation des cultures irrigables et de l’irrigation de 1979 à 1988, la situation semble changer. Si l’on n’assiste pas à une baisse franche, quelques indicateurs laissent penser que l’irrigation diminue. Ainsi, dans le Saumurois, la part des cultures fourragères diminue de 11.3 % de 1992 à 1997 et représente encore 39,1 % de la SAU. Dans les Deux-Sèvres, on observe aussi une baisse sensible de la part de ce type de cultures.
Les cultures céréalières connaissent aussi une légère baisse dans le Saumurois de 1986 à 1997. Elles passent de 33 740 ha à 32 424 ha. Elles ont connu deux phases ; une diminution de 1986 à 1992 et une augmentation de 1992 à 1997. Il est donc difficile de donner une tendance concernant l’évolution de la part des cultures céréalières dans le Saumurois. En 1997, elles représentaient 29 % de la SAU. Depuis 1992, la part des cultures d’oléprotéagineux connaît une baisse de 8,7 %. Pour le département des Deux-Sèvres, la situation est différente. Sur la période 1994-1998, les superficies des cultures céréalières et oléprotéagineuses augmentent respectivement de 15 % et de 11 %. Ces cultures remplacent des cultures fourragères ainsi que des parcelles en jachère dont les superficies passent de 29 500 ha en 1994 à 8 600 ha en 1998. La baisse des cultures en jachère est considérable.
Sur la partie Est du bassin-versant, à cheval sur le département de la Vienne et des Deux-Sèvres, la culture de melons nécessite d’importants besoins en eau.
Globalement, la superficie des cultures irrigables, à fort besoins en eau, a plutôt tendance à se réduire ou tout au moins à se stabiliser. On regrette l’absence de mise à jour des données agricoles pour la partie Vienne. En 1988, sur la partie Vienne du bassin-versant du Thouet, les ¾ de sa SAU étaient constitués de céréalicultures et cultures industrielles. Une telle proportion laisse difficilement penser à une évolution positive et importante de ce type de cultures sur la zone. Sur le département des Deux-Sèvres, seule la part de céréalicultures et cultures industrielles augmente. Cette augmentation ne peut se faire que dans la partie Est du département étant donné les conditions du milieu.
Mais la diminution supposée de la surface de cultures irrigables signifie-t-elle une baisse réelle de l’irrigation ?
Données brutes
L’irrigation se fait de 2 manières sur le bassin-versant du Thouet : par prélèvements directs dans les cours d’eau et par forage dans la nappe souterraine. La situation géologique régit le type de prélèvements. Ils sont de type superficiel et direct dans la partie Ouest, déterminés par des terrains imperméables. A l’Est, le caractère aquifère des couches sédimentaires préconise le système des forages.
Les prélèvements pour l’irrigation ne sont pas soumis au même régime sur la longueur du Thouet. Dans le Maine & Loire, ils sont réglementés par la DDE. En Deux-Sèvres, ils sont gérés par la CAEDS en aval du barrage du Cébron et directement par la DDAF en amont.
Dans l’ensemble du département des Deux-Sèvres, on observe une légère augmentation de la surface irriguée qui passe de 23 100 ha en 1994 à 23 794 en 1998. Les chiffres de surfaces irriguées, s’ils constituent un indicateur de l’eau consommée par l’agriculture, ne reflètent pas une consommation effective.
En effet, en terme de volumétrie, le cubage de consommation d’eau a diminué depuis 1998.
Sur l’ensemble du bassin-versant, on dénombre 7 irrigants en amont du barrage du Cébron, 35 en aval jusqu’à la limite du Maine & Loire et 17 par prises d’eau superficielles dans le Maine & Loire. De 1998 à 1999, soit sur une période d’un an, le volume consommé pour l’agriculture sur le bassin a diminué de 27 %. Il passe de 3 282 368 m³ en 1998 à 2 377 836 m³ en 1999.
Cette baisse ne permet cependant pas de dégager une tendance. Elle est calculée sur une trop courte période pour cela. Elle est simplement dûe aux conditions climatiques favorables de l’année 1999, d’autant plus que le volume de prélèvements autorisés est supérieur pour l’année en question.
En annexe B, figurent les prélèvements d’eau superficielles connus dans le Maine & Loire pour l’année 2000.
Il faut ajouter aux données officielles le volume d’eau prélevé de manière illégale dans les cours d’eau du bassin-versant ainsi que les prélèvements souterrains.
Sur le bassin-versant, l’irrigation est stable. Elle est au maximum de ces capacités dans la partie Deux-Sèvres. La CAEDS exploite les 3,5 millions de m³ prévu à cet effet sauf en année pluvieuse. En amont du barrage du Cébron, la situation est identique et la DDAF n’accorde plus d’autorisation de prélèvements, qu’ils soient superficiels ou souterrains. Dans le Maine & Loire, des dossiers de demande de prélèvements sont actuellement à l’étude, notamment pour l’irrigation de cultures de melons. Mais la complexité de la procédure qui nécessite une étude d’incidence et un arrêté d’Autorisation constituent un véritable frein pour le demandeur.
Deux problématiques se posent lorsque l’on croise les paysages agricoles et l’eau. On distingue le rôle de certains paysages agricoles en matière de dépollution des eaux ainsi que le rôle des intrants.
Les intrants
Nous commencerons par l’aspect polluant de l’agriculture. Il concerne l’utilisation d’engrais et de pesticides ainsi que les effluents d’élevage.
D’une manière générale, on connaît l’évolution croissante de l’utilisation de ces deux "outils" de productivité depuis les dernières années. Les traitements agricoles perturbent la qualité des eaux qui s’infiltrent dans les sols et se chargent de différentes matières génératrices de déséquilibres majeurs pour l’écosystème de la rivière et de sa zone inondable.
Nous disposons d’un chiffre seulement, concernant l’utilisation des matières azotées dans le département des Deux-Sèvres. En 4 ans, de 1994 à 1998, le tonnage d’utilisation d’Azote a augmenté de 30 %.
Le phénomène de pollution en matières azotées tel le Nitrate est lié au lessivage des sols. Par conséquent, on observe de fortes teneurs en période de hautes eaux et de faibles valeurs en basses eaux.
Les produits phytosanitaires sont observés en forte teneur en mai et juin. Qui plus est, les cours d’eau sont en étiage et les concentrations n’en sont que plus importantes. L’impact de ces produits est difficilement mesurable dans le détail car les analyses de qualité des eaux en pesticides sont très coûteuses. Le recours à ces analyses est donc limité.
Les élevages produisent des effluents qui sont très chargés en matières azotées. Par conséquent, la surconcentration de ces matières azotées peut provoquer une pollution. C’est pour éviter ce cas de figure qu’il est important d’établir des plans d’épandage.
L’ensemble des élevages importants en terme d’effectif est recensé par les différentes administrations sur le bassin-versant et répertorié en Installation Classée Pour l’Environnement – ICPE-. La liste des ICPE concernant les élevages du bassin-versant sur la partie Maine & Loire et la vallée de La Dive est disponible en Annexe B ( format .rar). Ces élevages sont bovins, porcins, avicoles,…
Nous avons, grâce aux données fournies par les Services Vétérinaires du Maine & Loire, calculé approximativement, la surface d’épandage nécessaire pour la production azotée en provenance de l’activité d’élevage. On obtient ainsi, pour les élevages du bassin-versant et dans la partie Maine & Loire, une surface théorique d’épandage de 1200 ha.
Il est regrettable que la liste soit indisponible pour la partie Deux-Sèvres qui pourtant constitue la principale zone d’élevage. Les Deux-Sèvres pratiquent l’élevage extérieur, en prairies. D’ailleurs, les eaux retenues par le barrage du Cébron sont marquées par de fortes teneurs en matières organiques.
Le rôle des STH
On désigne sous l’abréviation de STH, les Surfaces Toujours en Herbes. Elles sont constituées de prairies permanentes et de landes.
En 1988, elles représentent moins de 15,1 % dans la majorité des cantons du bassin-versant. Dans la partie Ouest, la STH constitue entre 32,1 et 49,1 % de la SAU. De 1979 à 1988, la baisse de la STH est générale sur l’ensemble du bassin-versant –voir figure n° 28 - et des baisses de plus de 40 % sont enregistrées sur plusieurs cantons, exclusivement situés à l’Est, où prospèrent les cultures céréalières.
Aujourd’hui, nous pouvons penser que la STH a diminué encore sur le bassin-versant mais en moindre mesure, et cela pour plusieurs raisons. A l’Est, la STH ne constitue en 1988 que peu de surfaces ; de l’ordre de 7 % pour certains cantons. De plus, depuis 1988, la tendance générale est de réduire le phénomène d’intensification des cultures et on reconnaît l’importance des zones enherbées.
Sur le département des Deux-Sèvres, entre 1994 et 1998, la STH diminue encore et passe de 107 000 à 103 140 ha.
L’intérêt de conserver ce type de surface est lié à sa capacité de filtration des eaux contenues dans le sol. Elles jouent un rôle plus ou moins important selon leur localisation géographique. On peut les trouver n’importe où sur le bassin-versant mais elles sont situées généralement en fond de vallées, en zones inondables par les cours d’eau. Dans ce cas là, leur rôle est prépondérant. Elles constituent un espace intermédiaire entre la rivière et les terres cultivées et par son effet de filtre, permet de réguler le cycle de l’eau et de maintenir les écosystèmes en place.
Il convient de mettre en avant un dernier problème pour la rivière et lié à l’agriculture. Il s’agit de la mise en culture de terres qui bordent le lit apparent de la rivière. En dehors des menaces de pollution directe, on observe bien souvent une érosion des berges très importante. Cela s’explique par l’enracinement superficiel des cultures pratiquées, incapables de maintenir le sol et animées par la dynamique du cours d’eau. Ainsi, cette pratique est nuisible pour l’agriculteur qui perd peu à peu sa parcelle, mais aussi pour la rivière dont le lit se détériore. L’érosion des berges est très prononcée sur le Thouet, au niveau du Maine & Loire notamment.
Le changement de telles pratiques agraires est donc préconisé afin de stopper l’érosion " anormale " des berges des cours d’eau. Il permettrait d’autant plus de restaurer les STH au rôle filtrant.
L’activité agricole sur le bassin-versant est diversifiée. Elle est par la place qu’elle occupe et par ses besoins en eau, dépendantes de la rivière. Les prélèvements d’eau pour l’irrigation assurent une meilleure productivité des cultures notamment céréalières. Ils sont exploités au maximum et une augmentation de ces prélèvements n’est pas envisageable pour le maintien d’un débit minimal de la rivière.
L’agriculture, qui se nourrit de la rivière, lui restitue une eau de mauvaise qualité, liée à l’utilisation d’engrais, de pesticides et aux effluents d’élevage parfois mal répartis sur le parcellaire. Ce phénomène peut bouleverser les écosystèmes des cours d’eau. La seule intégration agricole au milieu est la présence de prairies en bordure des berges, jouant le rôle de filtre entre les terres traitées et cultivées et la rivière. Ces prairies ne sont pas présentes sur toutes les rives du Thouet car certains agriculteurs cultivent ces zones pour accroître leur production. Ceci entraîne des phénomènes d’érosion importants et a un impact sur la dynamique des cours d’eau.
L’agriculture constitue donc un élément perturbateur majeur sur le bassin-versant du Thouet. Une sensibilisation des agriculteurs face aux problèmes environnementaux que pose l’agriculture est nécessaire. Cette sensibilisation est entreprise au niveau gouvernemental et des plans d’actions sont proposés. On en verra l’exemple dans la troisième partie de l’étude.
Bien qu’élément mineur dans la structure du bassin-versant du Thouet, l’urbanisation demeure néanmoins le signe d’une appropriation de l’homme sur cet espace. Elle se définit au travers du maillage urbain déterminé par la présence de " fortes" concentrations humaines –villes- et les éléments qui les relient entre elles – voies de communication -.
L’urbanisation traduit une organisation de l’Homme sur un espace avec la prise en compte des contraintes et atouts du milieu naturel. Les villes développées à proximité ou parfois sur le lit majeur de la rivière connaissent donc des risques en terme d’inondations.
Cinq villes ont une population supérieure à 8 000 habitants dont 4 d’entres elles définissent approximativement les limites du bassin-versant du Thouet. Rappelons le, ces villes sont celles de Saumur au Nord, Parthenay au Sud, Bressuire à l’Ouest et Loudun à l’Est. Elles définissent deux axes principaux de communication : Nord / Sud et Est / Ouest. La ville de Thouars se situe au centre de ce quadrilatère et constitue un point nodal en terme de communication entre ces villes - voir figure n° 12 -.
La ville la plus importante en terme de population est celle de Saumur avec 30 000 habitants alors que Bressuire en deuxième position n’en compte que 18 400. Le chiffre de population pour la ville de Saumur s’explique par la présence de l’axe structurant que constitue la Loire et l’attraction qui lui est vouée.
Près de 12 000 habitants d’écart entre la première ville, la plus peuplée et la deuxième et on observe encore une différence de plus de 6 000 habitants entre la deuxième –Bressuire – et la troisième – Parthenay-. Les villes de Thouars et Parthenay sont très proches en terme de population, avec respectivement 11 900 et 11 700 habitants.
Toujours en terme de population, Loudun et Doué La Fontaine constituent des villes intermédiaires avec respectivement 8500 et 6 900 habitants. On ne trouve pas ces villes que l’on pourrait qualifier de " moyennes ", compte-tenu de la situation sur le bassin-versant du Thouet, dans la partie Deux-Sèvres alors qu’elle constitue la plus grande surface.
Les communes comprises entre 5 000 et 2 000 habitants sont très peu nombreuses sur le bassin-versant. Elles sont au nombre de 8, dont la plupart ne dépassent pas les 3 000 habitants. C’est le cas de Saint-Aubin le Cloud et de Sainte-Radegonde, qui ont des populations de 2000 habitants, Secondigny avec 2 200 habitants, Mirebeau avec 2 300 habitants, Saint-Varent avec 2 500 habitants et Les Aubiers avec 2 800 habitants. Ces communes ne constituent pas véritablement des villes car leur population agglomérée n’est pas supérieure à 2 000 habitants.
Les communes de Montreuil-Bellay et Airvault ont une population respective de 4 300 et 3 400 habitants. Elles se définissent réellement comme villes.
Le réseau routier n’est pas très dense et s’organise sur les axes Est / Ouest et Nord / Sud, reliant les principales villes du bassin-versant. L’axe majeur – Sud / Nord – suit le parcours du Thouet et traduit une organisation humaine liée à sa présence. Deux axes transversaux de direction Nord-Ouest / Sud-Est coupent le bassin-versant ; ceux de Doué La Fontaine / Loudun et Bressuire / Parthenay. Le réseau de voies ferrées s’organise lui aussi sur les deux axes Sud / Nord et Est / Ouest.
Sur l’ensemble de ces villes et communes, 7 sont situées sur l’artère que constitue la vallée du Thouet – voir figure n° 29 -. Elles ont comme point commun le risque potentiel d’inondations. Ces communes ont souvent urbanisé une partie du lit d’inondation de la rivière sur laquelle se développent des activités de type économique, où plus grave encore, des habitants résident. Les enjeux sont d’autant plus forts que les pressions économiques et humaines sont importantes sur ces terrains inondables. C’est souvent le cas dans les profils de plaine comme pour la ville de Saumur.
Saumur et les communes associées de Bagneux, St Hilaire-St Florent et St Lambert des Levées forment la plus forte concentration de population sur le bassin-versant avec 30 000 habitants. L’agglomération saumuroise, qui représente une superficie de 5500 ha, se situe sur la zone de confluence entre le Thouet et la Loire. Au Nord, se trouve la Loire et dans la partie Sud, le Thouet. A la différence de la Loire, le Thouet présente peu d’enjeux au niveau économique et humain en terme de risque.
La présence de la Loire et du Thouet entraîne un découpage physique sur le District de Saumur et pose la question de l’intégration de ces espaces dans la ville. En ce qui nous concerne, nous nous intéresserons à l’intégration de l’élément du milieu naturel que constitue la vallée du Thouet dans la ville de Saumur. On peut découper la vallée en 3 ensembles séparés par des aménagement humains – voir figure n° 30 - :
Saumur s’est développée progressivement sur les zones inondables de la vallée du Thouet et actuellement, selon le POS, 210 ha de terrains urbanisés se situent en dessous des niveaux de crues de la Loire et du Thouet. Cela signifie que l’urbanisation sur ces zones s’accompagne de nombreux aménagements permettant le développement d’activités et une meilleure viabilité des terrains. Ces terrains sont protégés par des levées et elles constituent avec les talus, les formes de protections les plus anciennes contre les crues et pour l’expansion urbaine sur le lit majeur. A partir des années 1950, comme le souligne l’étude de F Desnier-Pasquier, la ville de Saumur a remblayé des zones humides afin d’y construire les grands ensembles de la ZUP du Chemin Vert. Des pompes sont installées aux endroits stratégiques de la ville afin d’évacuer les eaux de la rivière en crue à plus fort débit. De plus, en milieu urbain, le phénomène d’inondation est accéléré par les eaux pluviales qui ruissellent sur les surfaces goudronnées imperméables. Dix pompes sont réparties dans la ville, dont deux dans le quartier du Chemin Vert. Une d’entre elle encore, située sur la commune de Bagneux sert à évacuer les eaux excédentaires du Thouet. Les autres concernent les crues de la Loire.
Durant cette période, certes l’urbanisation gagne sur le lit majeur du Thouet mais c’est le seul rapport entre la rivière et la ville. L’année 1973, marquée par l’association des communes qui composent aujourd’hui le District de Saumur, place géographiquement le Thouet en plein cœur de l’agglomération. Ce nouveau positionnement géographique marquera la mise en place d’une politique d’intégration de la vallée du Thouet au sein du District de Saumur.
Dans le POS de l’agglomération saumuroise, l’ensemble des zones inondables de la vallée du Thouet est classé en zone NDb qui reconnaît l’intérêt de la préservation des zones naturelles mais qui n’exclut pas l’aménagement d’équipements sportifs, de loisirs ou d’intérêt général. Dès 1973, Saumur acquiert des terrains de la vallée en amont du Pont Fouchard et ouvre une décharge d’ordures ménagères sur la zone humide comme il est coutume de le faire à l’époque. Depuis 1992, la décharge est fermée et aucun réaménagement paysager n’a été effectué. Les crues du Thouet propagent l’eau dans la décharge et lui apporte une pollution supplémentaire. Le service Voirie-Propreté de la ville de Saumur, chargé du dossier, ne prévoit pas d’aménagement paysager à l’heure actuelle.
A proximité de la décharge, un ensemble sportif a été aménagé, comportant terrains de sport et bâtis – voir photographie n° 14- . En partie inondable durant la saison des hautes eaux, il constitue un espace vert important et intégré puisqu’il à la double fonction de lit majeur de la rivière et de zone d’activités sportives. Sur la même portion de la vallée du Thouet, on a construit une piscine et aménagé un poney-club. Une déchetterie a pris place à proximité de l’ancienne décharge. L’ensemble de cette zone inondable est ainsi devenu un pôle d’activités de loisirs qui porte le nom de " l’ensemble sportif des rives du Thouet ". La présence, marquée dans le paysage, de l’ancienne décharge constitue un " point noir " pour l’intégration de la vallée dans la ville de Saumur.
Photographie n°14 Ensemble Sportif des Rives du Thouet – Simon Georget, 17/05/00
Dans la zone située entre le pont Fouchard et la rocade Ouest, se sont développés au Nord de la rivière et sur des remblais, des équipements tels qu’une gendarmerie, une grande surface, un gymnase, un collège, la caserne des pompiers et les ateliers des services municipaux. L’ensemble de ces équipements est protégé par l’aménagement d’un talus.
Enfin, la zone de confluence avec la Loire est peut-être la partie inondable où les aménagements sont les moins marqués. Entre la Loire et le Thouet, on trouve 9 ha de prairies, l’hippodrome du Breil et un terrain militaire. Plus près de la rocade, une station d’épuration et quelques entreprises déterminent le paysage. Cette zone, sur laquelle il était projeté de construire un parc des expositions -comme le soulignait l’étude de F Desnier-Pasquier en 1992-, avec un plan d’eau à échéance 1994-1995 n’a pas vu son accomplissement. Du côté St Hilaire-St Florent, la création d’une base nautique est le symbole d’une intégration entre la vallée du Thouet et le milieu urbain. Un réaménagement de la confluence avec la Loire en site d’accueil et port de batellerie traditionnelle est envisagé. A plus long terme, comme le souligne Mr Laigle du District de Saumur, on souhaite la restauration de la boire située sur cette zone.
Cette troisième zone reste un espace à potentiel élevé pour la construction d’équipements publics. Cependant, il est à noter qu’elle est classée en ZPPAUP et dispose donc de mesures de protection pouvant ralentir son aménagement mais assurant sa préservation.
Le District de Saumur est très marqué par la présence du Thouet. Le Thouet régit l’organisation spatiale de la ville par les contraintes qu’il lui apporte –inondations- mais lui permet en contre partie l’aménagement d’espaces verts importants et le développement d’activités qui y sont liées, alors que certaines villes, par manque d’espace disponible de ce type, " s’étouffent " au travers d’une urbanisation très poussée et concentrée.
L’organisation de la vallée du Thouet est marquée sur le District de Saumur avec en amont, l’aménagement d’espaces verts qui servent aussi de transition avec le milieu rural. Dans la partie centrale, on trouve les équipements urbains classiques. Enfin, la partie aval qui est façonnée par les prairies et essentiellement des équipements en relation étroite avec le paysage environnant reste un espace à aménager.
L’urbanisation du bassin-versant est très liée à la présence des cours d’eau. Se présentant d’abord comme un atout pour répondre au besoin en eau de la population, les villes subissent parfois les aléas de la rivière et doivent vivre en harmonie avec le milieu. Nous avons étudié ici le cas de Saumur, nous aurions pu prendre les exemples de Parthenay – voir photographie n° 15 - ou de Thouars qui n’ont pas le même profil puisqu’elles s’organisent en partie haute et en partie basse. Les zones inondables de ces villes concernent " la vieille ville " en partie basse.
Photographie n°15 Echelle de mesures, " basse ville " de Parthenay – Simon Georget, 12/05/00
Dans l’autre sens, l’urbanisation apporte des contraintes au bassin-versant. Elle est synonyme d’évolution anthropique des paysages, d’accélération du ruissellement sur les surfaces goudronnées, rejets et pollutions de la rivière comme nous l’ont montré les analyses de qualité. Aussi, l’urbanisation nécessite des prélèvements notamment pour l’alimentation en eau potable. Cet aspect sera traité dans la partie suivante. L’urbanisation perturbe l’équilibre du milieu.
Pour subvenir aux besoins d’alimentation en eau potable destinée à la consommation humaine, 3 types de prélèvements d’eau sont adaptés à cette vocation. L’eau potable distribuée aux habitants a trois origines ; souterraine, superficielle, ou en provenance de nappes alluviales.
La loi sur l’eau du 3 janvier 1992 a reprécisé l’obligation de mise en place de périmètres de protections sur les points de prélèvements d’eau quelle que soit son origine. La mise en place des périmètres de protection constitue une obligation législative ordonnée par le Code de la Santé Publique afin de limiter les problèmes de qualité d’eau.
Comme le souligne la DDASS, la procédure de mise en application de cette loi comporte 6 phases. D’abord, la délibération de la collectivité sur laquelle se situe le captage d’eau, à qui il appartient de lancer cette initiative. S’en suivent des études portant sur les ressources et l’environnement, ainsi que l’avis d’un hydrogéologue. Se met en place un projet d’arrêté, établi par la DDASS et définissant les prescriptions afin d’assurer la protection de la ressource en eau. Enfin, le Conseil Départemental d’Hygiène émet un avis, suite à une enquête publique et décide la mise en place d’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique.
D’une manière générale, les périmètres de protection sécurisent l’alimentation en eau potable en terme de qualité.
L’Annexe C comporte la fonction des périmètres de protection et leurs caractéristiques.
L’origine de l’eau destinée à la consommation humaine dépend du contexte géologique. Nous l’avons vu en première partie de l’étude, le bassin-versant du Thouet possède peu de réserves souterraines ; l’essentiel de celles-ci étant constitué par le Dogger, dans la partie Nord du bassin-versant.
Nous allons essayer dans ce chapitre de localiser les captages d’eau - voir figure n° 31 - sur le bassin-versant et de faire une mise au point sur l’état d’avancement de leurs périmètres de protection.
On compte 7 captages d’eau situés sur le bassin-versant et dans la partie Maine & Loire. Cinq d’entre eux sont d’origine souterraine et les deux autres, de la nappe alluviale de la Loire. A l’exception du point de captage de Doué La Fontaine, géré par la REGIE, l’ensemble de ces stations sont gérées par la SAUR. Aucune procédure de mise en place de périmètres de protection n'est achevée et on observe sur cet espace quasiment toutes les phases auparavant décrites.
Remarque : les données sur lesquelles nous avons travaillées datent de décembre 1998 et la situation concernant l’avancement des périmètres de protection est en permanente évolution.
Les captages d’eaux souterraines :
Les captages d’eaux de nappes alluviales :
Situés à l’intérieur du périmètre du bassin-versant du Thouet, ils dépendent directement du bassin-versant de la Loire.
L’étude Horizons de 1996 faisait état de la situation. On trouve des prélèvements en nappes souterraines et des prélèvements d’eaux superficielles. Nous passerons rapidement sur les captages d’eau d’origine souterraine et nous verrons de façon plus détaillée les captages d’eaux superficielles.
Au niveau des communes voisines du Thouet, on dénombre dix lieux de captages d’eau souterraine. On en trouve cinq dans la région de Thouars, qui exploitent les ressources en eau du Dogger. Les autres puisent l’eau sur des terrains aux propriétés moins aquifères. Leurs débits sont plus faibles, notamment à Saint Généroux où les trois forages apportent un débit total de 40 m³/ h. Enfin, sur la commune de Taizé, on compte aussi deux forages.
Nous n’avons malheureusement aucune information concernant l’état d’avancement des procédures de mise en place des périmètres de protection sur ces captages.
On compte 4 points de prélèvements d’eau en rivière : La Boutrochère, les Sources de la Cadorie, le barrage du Cébron et Seneuil sur le Gâteau.
Le lieu-dit La Boutrochère se situe sur la commune d’Azay / Thouet. On y trouve un captage direct dans le Thouet ainsi qu’une usine de traitement des eaux, qui prend en charge aussi celles des sources de la Cadorie –situées plus au Sud sur la commune d’Allonne-. La station appartient à Parthenay et est gérée par la SAUR. Cette station connaît quelques problèmes. En effet, on observe par période des teneurs importantes en matières organiques et en pesticides, supérieures aux normes imposées. Afin de régler ces problèmes de qualité liés essentiellement à l’utilisation de l’espace concerné par les agriculteurs, l’Agence de l’Eau souhaite la mise en place d’un Contrat de bassin-versant et la création d’un poste d’animateur ayant pour but de les sensibiliser pour une meilleure utilisation et une réduction des engrais.
De plus, cette station génère des problèmes en terme de quantité d’eau. Le captage de la Boutrochère produit un volume annuel d’eau de consommation de 92 000 m³ et peut atteindre un débit horaire de 180 m³, c’est à dire près de la moitié du débit d’étiage. Toute possibilité d’extension n’est donc pas envisageable.
Actuellement, pour la mise en place des périmètres de protection, on attend sur ce point de captage l’enquête publique qui ne devrait plus tarder.
Le barrage du Cébron, gérée par la CAEDS, constitue sans doute la disponibilité d’eau potable la plus importante sur le bassin-versant avec 7.2 millions de m³ par an. Son usine de potabilisation est en service depuis 1982 et dessert 154 communes, soit environ 90 000 habitants. Depuis novembre 1999, les boues résiduelles de l’usine de potabilisation sont traitées.
D’une manière générale on observe un certain nombre de dysfonctionnements en ce qui concerne les captages d’eau. Les problèmes de qualité sont les plus flagrants : la nappe du Dogger contient de fortes teneurs en nitrates, le captage superficiel sur la commune de Liguaine fut abandonné à cause de trop fortes doses enregistrées en nitrate, on observe de fortes doses en matières organiques et en pesticides. De plus, on constate que les périmètres de protection, dont le but est de prévenir les pollutions, connaissent un retard considérable dans l’avancement de leur procédure.
Comme le rappelle la mise en place d’une circulaire du 2 janvier 1997, " l’absence de mise en place des périmètres de protection peut engager la responsabilité du service de distribution d’eau potable, du maire de la commune d’implantation du captage ou de l’Etat, plus particulièrement à compter du 4 janvier 1997 ". Non seulement les gestionnaires sont responsables et conscients des pollutions qui peuvent advenir, mais la population est victime de la mauvaise qualité de l’eau qui peut lui être distribuée.
Nous avons choisi cet exemple pour illustrer la potentielle difficulté de mise en place des périmètres de protection ainsi que le paradoxe existant entre les attentes de qualité et l’utilisation de l’eau liée aux activités humaines. Les données ci-dessous ont étés synthétisées à partir d’une étude portant sur la mise en place de ce périmètre de protection.
La station d’eau potable de Montreuil-Bellay puise ses ressources dans la nappe souterraine des calcaires du Callovien et du Dogger. Elle se situe dans la zone d’activités de Méron au lieu-dit la " Fontaine du Bourreau " - voir figure n° 32 - et produit chaque année un peu plus de 500 000 m³ par an. L’eau brute est considérée de bonne qualité même si à certaines saisons, elle présente des teneurs élevées en nitrates ( mais inférieures à 50 mg/ L) et en pesticides. En pesticides, sa teneur est parfois supérieure aux normes en vigueur.
Dûe à la texture sableuse des sols et à la fissuration de l’aquifère, la nappe présente une vulnérabilité relativement forte aux pollutions par infiltration rapide des flux. Une partie de la zone d’activités de Méron se situe à l’intérieur du futur périmètre de protection éloigné du captage. De ce fait, la procédure de mise en application des périmètres de protection devient compliquée.
Les entreprises présentes sur la zone d’activités de Méron utilisent pour la plupart, l’eau du captage pour leur production. Cette utilisation est cependant peu importante en terme de quantité. Leurs rejets, parfois pré-traités, prennent depuis peu de temps la direction de la station d’épuration de Prêle, qui succède à une station d’épuration in situ et peu efficace. Sur la zone industrielle de Méron, le réseau d’assainissement traite de façon séparée les eaux pluviales et les eaux usées. Les eaux pluviales sont rejetées dans le canal de La Dive alors que les eaux usées sont dirigées vers la station d’épuration de Prêle.
Aujourd’hui, se pose le problème de capacité de traitement pour cette station qui parvient à saturation certains jours, en partie, à cause de ce récent branchement des eaux usées de la zone d’activités de Méron. De plus, les pré-traitements par les entreprises ne sont pas toujours efficaces.
Dans l’avenir, la mise en place des périmètres de protection impliquerait pour ces entreprises un certain nombre de dispositions à prendre en terme de traitements d’effluents et de prévention de risques industriels.
Cet exemple du captage de Montreuil-Bellay souligne non seulement la complexité du dispositif de mise en place des périmètres de protection – avec ici, la pression économique exercée-, mais aussi le réel danger face aux risques de pollutions sur cet espace sensible.
La situation actuelle nécessite des améliorations aux différents niveaux d’assainissement et retarde la procédure de mise en place des périmètres de protection.
L’industrie sur le bassin-versant du Thouet ne constitue pas la principale activité. Elle est essentiellement développée dans les principales villes.
L’activité industrielle est une menace potentielle pour l’environnement et notamment pour la ressource en eau.
Les données obtenues ne permettent pas une analyse fine et développée du sujet. Cependant, on peut déjà évoquer la relation entre l’activité industrielle et l’eau.
Dans un premier temps, l’industrie peut être consommatrice d’eau potable. En effet, l’industrie consomme de l’eau, en volumes peu élevés pour une simple utilisation sanitaire. Certaines entreprises nécessitent aussi l’usage d’eau en quantité plus importante pour assurer leur production. L’étude du SCE portant sur la zone industrielle de Méron nous donne les volumes d’eau consommés par les principales entreprises utilisatrices.
Ainsi sur la zone industrielle de Méron, à Montreuil-Bellay ( 49 ), DENKAVIT, qui produit des aliments pour bétail, consomme 21 000 m³ d’eau par an. FRANSAL, qui fabrique des saucissons secs, a une consommation qui s’élève à 6 450 m³ / an. Il ne s’agit pas, ici, de recenser le volume total d’eau potable consommé par l’activité industrielle sur l’ensemble du bassin-versant. Cependant, cette utilisation ne doit pas être sous-estimée. Il se peut que sur l’ensemble du bassin-versant, des industries soient plus consommatrices que celles auparavant évoquées, mais elles étaient pour nous les seules données disponibles.
Au delà de cette consommation en eau potable, certaines industries prélèvent directement l’eau dans la rivière pour assurer leur fonctionnement. La principale entreprise prélevant dans le Thouet est la laverie ANNETT, située à Sainte Radegonde et prélevant 400 m³ par jour.
L’activité industrielle qui consomme de l’eau, apporte en aval de sa production, un volume d’eaux usées. De ce fait, il est nécessaire de prendre en considération les eaux qui résultent de la production industrielle afin de ne pas sous-évaluer le volume d’eau à traiter au niveau du réseau d’assainissement.
L’industrie génère donc une pollution supplémentaire à celle produite par les activités vues précédemment. Dans le cas où le réseau d’assainissement ne permet pas de traiter la totalité du volume d’eaux usées, les conséquences sont considérables pour la rivière en terme de qualité.
Certaines industries disposent de traitements ou pré-traitements " in situ " ; stations d’épuration, lagunage, fosses septiques, … Lorsque le traitement des industries est complet, les eaux sont directement rejetées dans la rivière. Lorsqu’il s’agit d’un pré-traitement, les eaux sont acheminées vers le réseau d’assainissement communal et subissent un traitement en station d’épuration.
En décembre 1987, la DDAF et la FDDAAPP du Maine & Loire ont dressé au sein du Schéma Départemental de Vocation Piscicole, un bilan des rejets d’effluents par les entreprises. D’après la FDPPMA du Maine & Loire, aucune mise à jour n’a été effectuée depuis cette date.
Le document met en avant des rejets provenant de 9 sites industriels différents au niveau du Thouet et de la Dive dans la partie Maine & Loire.
Les rejets proviennent de la Conserverie Royal Champignon, Ackerman, Rémy Panier, Veuve Amiot, Ets Besombes, la Zone Industrielle de Saumur, Ets Le Lion, SPAB Lyophilisation en ce qui concerne le Thouet. Pour la Dive, les rejets viennent de la Zone Industrielle de Méron.
Dans les Deux-Sèvres, sur les principales villes du bassin-versant, on dénombre 8 entreprises à rejets d’eaux industrielles, selon les données fournies par la DRIRE.
Les entreprises sont les suivantes :
Nous le rappelons, l’ensemble de ces eaux subit un traitement avant son rejet en milieu naturel. Suivant l’efficacité du traitement effectué, les rejets d’effluents industriels ont plus ou moins d’impact sur le milieu.
Les pollutions engendrées par l’activité industrielle sont sans doute plus nombreuses que celles constatées. En 1986, en Maine & Loire, une entreprise de Varrains se voit dresser un procès verbal pour pollution. Plus récemment, une entreprise vinicole, par ses rejets d’effluents, apportait une pollution au Thouet.
En terme de pollution, il est important de souligner là encore les rejets illicites de certaines industries.
D’une manière plus générale, l’activité industrielle représente, nous l’avons mentionné en début de partie, une menace potentielle pour l’environnement et donc pour l’unité physique sur laquelle elle se situe : le bassin-versant du Thouet. Ainsi, nous avons recensé par l’intermédiaire de la préfecture du Maine & Loire et de la DRIRE Poitou-Charentes, les principales ICPE –Installations Classées pour la Protection de l’Environnement - situées sur le bassin-versant. La liste des ICPE est disponible en Annexe D (format .rar) de l’étude.
L’industrie sur le bassin-versant du Thouet est une activité peu développée. Elle est cependant consommatrice d’eau en plus ou moins grande quantité selon la production. La restitution de l’eau par les entreprises et plus ou moins bonne en terme de qualité et dépend directement du réseau d’assainissement en place, qu’il soit communal ou d’appartenance aux entreprises en question. Les entreprises représentent une menace potentielle pour la ressource en eau ainsi que pour le milieu qu’elles environnent. L’activité industrielle détermine les enjeux en terme de qualité d’eau. Afin de limiter son impact, il est important de favoriser un processus de production moins pollueur et d’améliorer et contrôler le traitement des effluents industriels.
Les activités humaines peuvent être
classées par la place qu’elles occupent sur le bassin-versant du
Thouet. On peut notamment souligner la dominance de l’activité
agricole. Viennent ensuite, l’urbanisation, l’industrie et
l’activité de tourisme et pêche qui occupent une
importance moindre. Lorsque l’on ajoute à ces activités,
les besoins en eau de consommation sur le bassin-versant, on constate
que l’activité humaine est très perturbatrice du cycle
physique de l’eau. En ce sens, elle devient elle-même composante
du cycle de l’eau.
Nous avons vu dans l’introduction de cette deuxième partie que
la géographie de l’eau déterminait la géographie
de l’Homme – sa localisation et l’occupation du milieu-.
L’activité humaine est dépendante de la ressource en eau
et par conséquent, lui cause de gros
déséquilibres. Elle agit et pose des problèmes sur
la quantité et sur la qualité de la ressource en eau.
L’agriculture très développée sur le
bassin-versant du Thouet corrobore le phénomène. Elle est
très demandeuse en eau et la restitue au milieu, bien souvent de
mauvaise qualité.
Les activités humaines, dépendantes de la rivière,
interfèrent entre elles par l’intermédiaire du milieu.
Ainsi, il sera difficile de développer un tourisme sur la
vallée du Thouet avant de pallier au déficit de
quantité eau et d’avoir restaurer sa qualité,
préalablement dégradée par les autres
activités exercées sur le bassin-versant.
Le lien entre l’eau et les activités humaines n’est pas si
simple qu’il pourrait le paraître. C’est la gestion de ces deux
éléments qui est maintenant remise en cause.